Un robot chasse les requins dans les récifs coralliens

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Ce n’est pas un barracuda.
Pas une crevette non plus.
C’est un robot.
Et il veut voir comment fonctionnent réellement les récifs coralliens.

La Woods Hole Oceanographic Institution (WHOI) a construit quelque chose appelé Curious Underwater Robot for Ecosystem Explanation ou CUREE si vous devez tout dire à voix haute. L’idée est simple. Donnez des yeux à une machine. Donnez-lui des oreilles. Laissez-la errer dans les quartiers surpeuplés de l’océan.
Qui a besoin de plongeurs ?
Les plongeurs coûtent cher.
Ils manquent d’air.

Les récifs sont de minuscules fragments d’océan : moins de 0,1 % de l’espace, mais ils abritent environ un quart des espèces marines. Un bar animé sous l’eau.
Maintenant, ce bar devient bruyant à cause du changement climatique et de la surpêche. Les scientifiques ont besoin de meilleures données. Des données plus rapides. Le genre que l’on ne peut pas obtenir lorsqu’un humain a quarante-cinq minutes pour retenir sa respiration avant de remonter à la surface pour une crise de panique ou plus d’air.

Les oreilles du robot

CUREE ne se contente pas de deviner. Il écoute.
Il embarque des hydrophones, des caméras et un ordinateur de bord.
Il entend d’abord le léger crépitement des crevettes. Peut-être un poisson qui appelle un partenaire. Le robot triangule ce son. Il se dirige vers le bruit.
Si l’audio dit quelque chose est là, le robot regarde.
La vision est courte mais nette. Le son est lointain mais flou.

“L’acoustique passive vous donne une large idée de l’environnement, tandis que la vision est à courte portée, mais il s’agit d’un flux de données vraiment riche en informations” — Seth McCammon, WHOI

Des compliments ? Peut-être. Ils travaillent ensemble.

Chasse au prédateur suprême

Le site de test était Joel’s Shoal, dans les îles Vierges américaines.
CUREE a repéré des signes de poissons jusqu’à quatre-vingt-deux pieds de distance. Puis il a fait quelque chose de sauvage.
Il a trouvé un barracuda.
Et cela l’a suivi.
Pendant près de dix minutes.
Neuf minutes cinquante-cinq secondes pour être précis.
Le barracuda cherchait à déjeuner, se faufilant autour des récifs, surprenant les vivaneaux, faisant ce truc de prédateur que font les prédateurs. CUREE restait collée à son côté comme une ombre.
Un plongeur humain ?
À peine nécessaire. Le plongeur a aidé à démarrer le suivi et a dû appuyer à plusieurs reprises sur le reverrouillage. Mais pendant près de neuf minutes ? Le robot s’en est occupé. Huit minutes cinquante-neuf secondes de pure autonomie.

Cela compte.
Les robots sous-marins précédents sont généralement des spécialistes. CUREE se veut généraliste. Déposez-le dans l’eau. Laissez-le enquêter.
Laissez-le trouver les points chauds qui nous manquent.
L’article a atterri dans Science Robotics.
Les robots deviennent de plus en plus intelligents. Les océans restent pour la plupart cachés.

Combien de secrets nous cachent-ils encore ?

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