Comment les chercheurs japonais ont maîtrisé la science occidentale grâce à « l’apprentissage du néerlandais »

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Le Japon a fermé ses portes. Pendant plus d’un siècle et demi, le pays est resté isolé du reste du monde occidental. C’est l’héritage de la politique isolationniste stricte du shogunat Tokugawa, qui a débuté en 1639. Les nations européennes n’avaient pas le droit d’entrer. Le commerce a été interrompu. La culture était restreinte. La seule fissure dans ce mur était une petite île artificielle du port de Nagasaki nommée Deshima.

Ici, les Néerlandais étaient autorisés à faire du commerce. Ils constituaient le seul lien avec l’Occident.

Comme aucun autre Européen n’était autorisé, la langue néerlandaise est devenue la porte d’entrée exclusive vers le savoir étranger. Les universitaires japonais se sont rendu compte que s’ils voulaient comprendre les technologies, les sciences et les systèmes politiques occidentaux, ils devaient apprendre le néerlandais. Cette poursuite est devenue connue sous le nom de rangaku. Le terme se traduit littéralement par « apprentissage du néerlandais », mais il a finalement évolué pour représenter l’ensemble de la recherche scientifique occidentale.

Faire tomber les barrières de la connaissance

L’effort n’était pas anodin. Cela a été concerté. Les érudits se consacraient à la maîtrise d’une langue à laquelle ils n’étaient pas exposés en dehors de ce petit poste commercial. Ils ont compilé des dictionnaires néerlandais-japonais. Ils ont publié des livres écrits en néerlandais. L’objectif était la survie et l’avancement pratiques.

Sans rangaku, le Japon serait peut-être resté isolé bien plus longtemps. Au lieu de cela, ce travail de base a permis une réponse rapide et de grande envergure face à l’Occident à la fin du XIXe et au XXe siècle. Les fondations ont été posées bien avant que les portes ne s’ouvrent véritablement.

Qu’ont réellement étudié les chercheurs ?

La portée du rangaku allait bien au-delà de la simple acquisition du langage. Les étudiants de cette tradition se sont penchés sur les mécanismes du pouvoir occidental. Ils ont analysé :

  • Médecine : Comprendre les pratiques anatomiques et médicales européennes.
  • Science militaire : décodage des armes, des tactiques et des fortifications.
  • Géographie : découverte du monde au-delà de l’Asie de l’Est.
  • Politique : Comprendre les structures de gouvernance des nations occidentales.

Il ne s’agissait pas là d’une théorie académique. C’était une opération de renseignement déguisée en étude. Les universitaires avaient besoin de savoir comment fonctionnait l’Occident pour que le Japon puisse faire face à l’inévitable confrontation.

Pourquoi c’est important aujourd’hui

Nous pensons souvent au rangaku comme une note de bas de page historique. Ce n’est pas le cas. Cela représente un changement crucial dans la manière dont une société aborde le savoir étranger. Lorsque l’accès est restreint, l’apprentissage devient intentionnel. Cela devient rigoureux. Les érudits japonais de la fin du XVIIIe et du début du XIXe siècle ont prouvé que la langue n’est pas seulement un outil de communication. C’est un outil d’accès.

Ils ont transformé une barrière en pont. Le poste de traite néerlandais était petit. Son influence fut massive.

L’héritage de cette période est visible dans la rapidité avec laquelle le Japon s’est industrialisé par la suite. Ils avaient déjà étudié les plans. Ils avaient juste besoin d’une autorisation pour construire. Cette autorisation est venue. Et lorsque cela s’est produit, les bases étaient déjà là.

Mais quelle part de cette curiosité précoce reste-t-il dans les systèmes éducatifs modernes ? Nous considérons toujours l’apprentissage des langues comme une exigence plutôt que comme un avantage stratégique. Les érudits du rangaku ont compris que la connaissance sans accès est inutile. L’accès sans connaissance est dangereux. Ils recherchaient les deux.

Les résultats parlent d’eux-mêmes. L’isolement a pris fin. La technologie a afflué. La transformation a été rapide. Que cette même urgence existe dans la façon dont nous abordons l’apprentissage aujourd’hui est une toute autre question.

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