Des ajustements mineurs du sommeil, de l’exercice et de l’alimentation – et non des changements drastiques – peuvent augmenter considérablement la durée de vie et l’espérance de vie, selon une nouvelle recherche. L’idée commune selon laquelle la longévité nécessite un dévouement extrême à la forme physique ou à un régime alimentaire restrictif s’avère inexacte. Une étude récente publiée dans eClinicalMedicine démontre que même l’ajout de quelques minutes aux routines quotidiennes peut donner des résultats significatifs.
Le pouvoir des petits pas
Des chercheurs de l’Université de Sydney ont suivi près de 60 000 participants à la biobanque britannique pendant huit ans, en utilisant les données de trackers portés au poignet et les informations alimentaires autodéclarées. Les résultats suggèrent que augmenter le sommeil de seulement cinq minutes, ajouter deux minutes d’exercice modéré ou consommer une portion supplémentaire de légumes par jour pourrait ajouter un an à la durée de vie pour les personnes ayant de mauvaises habitudes.
Pour ceux qui sont prêts à faire un peu plus d’efforts, 24 minutes supplémentaires de sommeil, quatre minutes supplémentaires d’exercice et une portion supplémentaire de céréales complètes pourraient prolonger de quatre ans la durée de vie (années vécues sans maladie grave). Cela souligne l’importance d’améliorations progressives par rapport à des objectifs ambitieux et non durables.
Les habitudes interconnectées comptent le plus
L’auteur principal, Nicholas Koemel, souligne que les bénéfices sont plus grands lorsque le sommeil, l’exercice et l’alimentation sont améliorés en tandem. Ces comportements sont intrinsèquement liés ; un mauvais sommeil conduit souvent à des choix alimentaires malsains et à une activité physique réduite. L’étude a révélé que se concentrer uniquement sur le sommeil (nécessitant une augmentation de 60 % du temps de sommeil) ou sur l’alimentation seule n’avait pas le même impact que des ajustements combinés.
Implications et mises en garde dans le monde réel
Bien que les données britanniques soient prometteuses, les experts notent que les habitudes alimentaires et les systèmes de santé varient considérablement d’un pays à l’autre. Par exemple, le régime alimentaire américain est particulièrement riche en aliments ultra-transformés, ce qui pourrait affecter les résultats. D’autres essais cliniques sont nécessaires pour confirmer définitivement ces résultats.
Cependant, les résultats concordent avec une étude distincte dans The Lancet, qui a montré que même une marche de cinq minutes à un rythme modéré pouvait réduire le risque de mortalité de 10 %. Cette convergence de recherches indépendantes renforce l’idée selon laquelle des habitudes accessibles et durables sont plus efficaces que des mesures extrêmes.
“Rapprocher le but rend les habitudes saines plus pratiques et durables”, déclare Koemel. Ces petits changements ne garantissent pas l’immortalité, mais ils peuvent relancer des routines positives qui perdurent.
En substance, le message est clair : ne visez pas la perfection ; viser le progrès. De petits ajustements dans la vie quotidienne peuvent avoir un effet cumulatif substantiel sur la longévité et le bien-être général.
